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Sony MDS-B1

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Ahhhhhhhhhhhhhh ça faisait longtemps que je n'avais pas retapé une platoche MD dans un piteux état. Cela me manquait tiens ! Allez on repart pour un défi MD en bonne et due forme comme à la bonne époque. Le specimen en question est un modèle broadcast MDS-B1 de Sony de 1994. Je l'ai prise sur eBay alors que personne n'en voulait, 0 enchère. Et bien les gens ont bien fait. Pour 25 euros plus 21 de frais de port depuis les Pays-bas je me suis laissé en tenté.



D'aspect extérieur pas grand chose de réellement sordide, je me doutais quand même qu'en 22 ans elle devait avoir un peu vécu.




Par contre la platine est bien vendue "telle quelle", juste testée sur le plan électrique et c'est tout. Bon en fait : concluez direct que le vendeur est au courant qu'elle ne lit plus rien. :lol



Le carton est plutôt imposant, on peut dire que le vendeur a bien emballé la chose. Par contre je déteste ces billes de mousse !




La photo semblait contractuelle et c'est le cas. La façade est en bon état. Juste la trace d'une étiquette.



Quelques rayures et une séance de peinture sur le flanc droit.




Chose que je n'avais pas remarqué sur les photos : la présence de rouille sur l'embase de Terre :



Chose confirmée dessous. On dirait qu'elle a carrément baigné pendant des mois le cul dans la flotte. Évidemment elle n'a plus ses pieds non plus.



En tout cas dedans rien ne manque à l'appel. Le bloc optique est là, la carte "Digital" aussi et rien n'est physiquement cassé.



Visiblement il y a eu des modifications de dernière minute en usine.



Par contre chose moins marrante, de l'oxydation sévère sur une partie de la carte "Digital". On pourrait croire que cela pourrait provenir de liquide introduit dans l'appareil mais le capot supérieur n'est pas d'accord avec cette théorie. Elle devrait s'en sortir pour autant.




Le bloc optique est sale. Ceux qui ont l'habitude des blocs optiques pourront s'apercevoir que cette lentille n'est pas assez bleue et trop grisâtre. Vu comment a été stockée cette platine, ce n'est guère anormal. Nettoyage à prévoir.



Je décide de l'allumer en l'état et de consulter les compteurs. L'avantage de ces bêtes étant que pour l'époque elles disposaient de compteurs d'activité pour la maintenance. Chose qui a été implanté bien plus tard dans les appareils grands publics.




4317 heures de rotation pour le moteur spindle et à peine 200 heures de fonctionnement pour le bloc optique (en écriture). Sony préconise de le remplacer à 1500 heures. Autant dire que ce KMS-140C est donc loin d'être usé.

Une chose par contre qui m'embête le plus c'est le bras en céramique de droite qui est cassé. Ce petit bras permet au volet intégré aux Minidiscs d'être fermé lorsque le MD est éjecté. C'est une pièce qui casse souvent sur la mécanique MDM-1.




Une chose est sûre la platine a déjà été ouverte et au moins une fois par une brute, qui aura tordu du métal et cassé une arrête de mise à la terre au niveau du panneau de commande. Ici on aperçoit également le microprocesseur central 8 bits Mitsubishi M38004E8 et son EEPROM.



De la rouille. On pourra facilement la faire disparaitre avec une feuille abrasive type P1000 sous l'eau.



Les multiples réglages manuels de la MDM-1A.



Toujours remplacer le condensateur électrolytique de 1µF 50V C259 qui vieillit mal. Je note à ce moment là que quelques vis sont mal resserrées d'au moins 1mm. Bravo !

Après un nettoyage de la lentille, je décide de tester la platine avec un MD pré-enregistré. La lecture est nickel.



Par contre un MD enregistrable ne passe pas. La TOC est lue. Mais l'UTOC non, le disque s'emballe à toute vitesse et est recraché avec un joli message "Disc Error". On pourrait blâmer à ce moment-là le bloc optique, les réglages qui ont déviés avec le temps ou encore la carte RF. Que nini ! Pas la peine de chercher bien loin, la solution est déjà toute trouvée. Si le MD original est bien lu c'est parce qu'il se comporte de la même manière qu'un vulgaire CD (audio). Alors que la lecture d'un MD enregistrable lui fait appel à une spirale pré-gravée (wooble groove) et c'est cette spirale qui détermine l'adresse des données à lire et à écrire sur le disque et assure le suivi de piste (tracking). La platine a donc recours à l'ADIP (ADress In Pregroove), elle doit décoder l'adresse des données lues depuis la spirale. Et ça c'est le rôle de la puce CXA1380N (ADIP demodulator).



Le problème c'est que 3 condensateurs (toujours les mêmes) 22µF 16V ont décidé de fuir juste à proximité de notre cher démodulateur d'adresse. Problème vu aussi sur MDS-101.




Ils sont bizarrement situés à l'opposé de notre tâche d'oxydation vue précédemment. ;)

Bon, quant à la carcasse c'est bien attaqué sur le fond, encore une fois quelques coups de toile émeri et hop.



Une partie va partir à la douche.
La platine en mode puzzle :



Il faut aussi s'occuper de tous les engrenages à regraisser. Quelques goutes de WD40 et d'huile fine rendront ce bloc optique nettement plus glissant.



Ne pas oublier aussi les deux tiges métalliques dans la tête d'enregistrement elles peuvent faire gripper le bloc lors de ses allers-retours. Graisse dure souvent rencontrée à cet endroit. On n'y pense pas toujours.



J'attaque plusieurs problèmes en même temps. Il faut aussi s'occuper du petit bras en céramique cassé. Le donneur est en bras provenant d'une MDM-2 mais qu'il faut adapter.







Petit test concluant et collage à la super glue. Espérons que cela tienne.




Bon autant vous dire qu'elle s'en est bien sortie. Lecture et enregistrement nickel.





Maintenant encore faut-il trouver une utilité à cet objet. :lol
En fait la MDS-B1 est une grosse arnaque de la part de Sony. Vendue 3000 dollars (oui oui !) à sa sortie en 93/94 il s'agit surtout d'une MDS-101 avec des entrées-sorties XLR. La robustesse est uniquement dans le châssis en métal. Je vous rassure la façade est en plastique et n'est pas à toute épreuve. Seuls les boutons lumineux le sont et donnent cette allure "costaud". La mécanique est aussi celle installée dans les MDS-101 et 501, c'est à dire des modèles grands publics. Les connecteurs et les nappes internes sont très fragiles. Pas de fonction "END MON", pas d'affichage des frames, un calendrier musical qui ne sert à rien et un VU-mètre rikiki. Bref pour vrai modèle broadcast il faut aller du coté de chez Denon ou monter en gamme avec la MDS-B5.

Pas de prise RS232, pas de sortie casque, pas de connectique audio-numérique. Autant la MDS-B3 peut valoir le coup, mais pas la B1 est bien trop castrée. Elle va rejoindre ma petite collection d'appareils pas banals.

Résumé des opérations effectuées :

  • Carcasse poncée, restaurée de la rouille.
  • Façade lavée.
  • Lentille nettoyée.
  • Petit bras en céramique réparé.
  • Carte "DIGITAL" nettoyée (acétone + vinaigre blanc) avec 3 condensateurs changés.
  • Interrupteur "DISPLAY" de la façade remplacé.
  • Pignonnerie moteur de déplacement re-graissée et huilée.
  • Condensateur C259 remplacé sur la carte RF.